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déc 2026

Les dernières danses - Concert de noël à deux pianos



Programme
Tchaïkovski - Casse-Noisette
Rachmaninoff -  Danses Symphoniques

Mehdi Ghazi - Piano
Samuel Blanchette-Gagnon - Piano

Tchaïkovski et Rachmaninoff, deux géants de la grande tradition romantique russe, sont mis en parallèle dans ce concert flamboyant où le piano – ou plutôt les pianos – est poussé à sa limite en termes de virtuosité, de couleurs orchestrales, de richesse expressive et de beauté lyrique. Deux œuvres qui, chacune à leur manière, célèbrent la danse : l'une dans la féerie de Noël, l'autre dans une méditation sur la mémoire, le temps et la vie.

Alors en exil aux États-Unis, Rachmaninoff compose sa dernière grande œuvre en 1940 et lui donne d'abord le titre de Danses fantastiques, avant d'opter pour celui de Danses symphoniques. Travaillant en parallèle sur une version orchestrale et une version pour deux pianos, il livre une partition d'une incroyable vitalité, où alternent élans rythmiques, harmonies somptueuses et mélodies inoubliables. Cette œuvre, souvent considérée comme le testament musical du compositeur, séduit autant par son énergie que par son pouvoir d'évocation.

Si le deuxième mouvement est le seul à porter explicitement le nom d'une danse, cette Valse est teintée de mystère, alternant les appels tourmentés et les tournoiements nostalgiques de son thème principal. Rachmaninoff conclut l'œuvre dans un Finale éblouissant qui oppose deux thèmes profondément symboliques : le Dies Irae, chant grégorien des morts qui traverse une grande partie de son œuvre, et le « Béni sois-tu, Seigneur » tiré de ses Vêpres, opus 37. Entre ombre et lumière, cette confrontation donne à l'œuvre une conclusion d'une force saisissante.

Quelque cinquante ans plus tôt, Tchaïkovski achevait son tout dernier ballet, celui qui allait devenir le plus célèbre de tous : Casse-Noisette. La version pour deux pianos présentée ici est le fruit du travail du pianiste virtuose Nicolas Economou et est dédiée à l'immense Martha Argerich, ce qui explique peut-être les redoutables prouesses techniques demandées aux interprètes pour rendre justice à l'opulente texture orchestrale de la version originale.
Après la légère et presque irréelle Ouverture miniature, la Suite enchaîne les célèbres danses caractéristiques offertes par les jouets enchantés le soir de Noël, avant de se conclure sur la lumineuse Valse des fleurs. Ce final répond en quelque sorte à la danse de Rachmaninoff : chez Tchaïkovski, la danse est une célébration de l'émerveillement; chez Rachmaninoff, elle devient le reflet d'une vie entière.


Bilets :
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